Mairie de La Barre-en-Ouche
Jacques DAVIEL était un chirurgien et oculiste connu pour avoir réalisé la première extraction de la cataracte. Né à La Barre en Ouche le 10 août 1693 d’Elizabeth Nicolas sa mère, épouse de Pierre Daviel qui y exerçait la charge de notaire (tabellion royal) depuis 1688. Jacques a été baptisé le 11 Août 1693 en l’église Saint-André en présence de Jean Daviel, son parrain, notaire à La Ferrières sur Risle et de Marie Pauger, sa marraine. Il a eu deux frères, Richard né le 12 janvier 1996 et décédé à 6 ans en 1702, François né le 12 novembre 1698, et une sœur, Elizabeth née en 1686.A 15 ans, il est apprenti chirurgien à l’Hotel-Dieu de Paris sous l’autorité de Pierre Boudou, maître chirurgien. Puis il s’engage dans l’armée comme aide-chirurgien major pendant la guerre de succession d’Espagne jusqu’en 1715. Au retour il poursuit ses études à Paris jusqu’en 1721 où il se porte volontaire pour aller en Provence où s’était déclarée une épidémie de peste, l’une des plus terribles de l’histoire. Il mourait trois cents malades par jour à Marseille. Des centaines de cadavres pourrissaient dans les rues que les galériens chargeaient dans des voitures. C’est à Toulon, gagnée par le fléau et qui perdit la moitié de sa population de vingt mille habitants, que Jacques Daviel montra son courage. Il découvrit la Provence, qu’il aima. C’est à Salon-de-Provence qu’il rencontra sa future épouse, Anne Félix, fille d’un chirurgien d’Arles. Il se marie le 18 avril 1722 dans cette ville à la fin de l’épidémie. En 1723, il s’installa à Marseille où il fut agrégé au corps des maîtres chirurgiens de cette ville. Là, il fit pendant vingt ans des cours d'anatomie et de chirurgie. Dès 1728, il s'occupa spécialement des maladies des yeux et ne tarda pas à acquérir une grande célébrité, ce qui lui valut en 1738 d’être nommé «démonstrateur de chirurgie et d’anatomie» à l’Hôtel-Dieu de Marseille. Il y mit au point l’opération d’extraction de la cataracte qui fit sa célébrité. Il la réussit la première fois le 21 avril 1741 sur l’Ermite d’Eguilles. Puis sa réputation ne tarda pas à s’étendre au-delà de la Provence. Il fut amené à opérer dans plusieurs villes du sud de la France. Il devient membre de l'Académie royale de chirurgie. Sa carrière connaît son apogée le 21 Avril 1745 grâce à cette intervention de génie : l'extraction du cristallin. En 1746 il alla se fixer à Paris, Quai Malaquais, et il fut autorisé à opérer aux Invalides, puis en 1749 fut nommé chirurgien-oculiste du roi Louis XV. Il devint ami de Diderot. Il a présenté sa nouvelle technique en 1752 : "sur une nouvelle méthode de guérir la cataracte par l'extraction du cristallin". Sur 306 opérations, 282 ont obtenu un succès. Plusieurs cours de l'Europe le mandèrent et voulurent le retenir. Daviel doit être considéré comme l'inventeur du procédé d'extraction de la cataracte, dont il a le premier formulé exactement les règles. Il est décédé à Genève le 30 septembre 1762. Il est enterré en Suisse, au cimetière du Grand-Saconnex qui était terre française en 1762. Son fils Jacques-Henri, également chirurgien, meurt en 1758.
L’enfance de Jacques Daviel a été perturbée par un drame familial: son père, Pierre Daviel, tabellion royal à Chambrais (Broglie) puis à La Barre en Ouche, et son grand-père sont accusés par le seigneur de La Noë de la Barre de malversations et d’émissions de fausse monnaie. C’est le déshonneur pour cette famille de petite noblesse de robe du Pays d’Ouche. Jacques, ainé de la famille, aurait pu prendre la succession de son père mais il préféra quitter La Barre pour Bernay. Puis en 1707, à quatorze ans donc, il se rend à Rouen chez un frère de sa mère qui est chirurgien de la ville. Il n’y restera qu’une année pour rejoindre l'Hôtel-Dieu à Paris.
Mais on ignore souvent que Jacques Daviel a laissé en Normandie, dans son pays natal et dans sa famille même, où il venait aussi souvent que possible, des élèves et des successeurs dont il est rarement fait état par les biographes locaux. Il s’agit notamment de Denis Daviel, né le 13 novembre 1734, fils aîné de l'un de ses nombreux cousins germains, François, sergent royal au Chatelet, résidant à Saint-Ouen de Mancelles (paroisse aujourd’hui intégrée à Gisay-la- Coudre), marié à Marie Baton. Denis Daviel était en 1766 chirurgien oculiste au bourg de la Barre où il se maria deux fois : la première avec Louise-Adelaïde Le Loureux (de Marnières) et la seconde avec Marie-Magdeleine Mathieu. Denis Daviel décéda le 13 novembre 1790, à la Noë de La Barre dont il était alors maire.
Il laissa un fils, Louis-Gabriel Daviel, né le 14 mai 1766, et qui en 1791 était qualifié de docteur en médecine et d’oculiste à La Noë de la Barre. Le frère de Denis , Jacques (II), également né à Saint-Ouen-de-Mancelles, le 12 janvier 1738, au lieu-dit la Chauvignère, exerça aussi ses talents de chirurgien dans sa paroisse mais il mourut très jeune, en décembre 1764, à l’âge de 25 ans.
Il y eut de nombreuses ramifications de la famille Daviel à La Barre et dans les communes voisines. Ainsi en 1756, Marie Catherine Daviel, sœur de Jacques (II), dit Dupont, avait pour époux Jacques Letellier, chirurgien à Saint-Jean de la Noë. Devenue veuve, elle se remaria en 1765 avec par Jean-Baptiste Laurent Constant Damitte, maître en chirurgie, originaire de Vieilles et demeurant à la Neuve-Lyre.
Le 4 oct. 1763, mariage à Saint-Ouen de Mancelles d'Anne Daviel à Me Pierre Jouen, notaire royal à la Barre, 89 ans, originaire de Ste-Croix de Bernay. Témoins cinq membres de la famille Daviel, dont Louis et Jacques, frères de l'épouse. Le 13 février 1779, Louis Jacques Claude Goujon (fils de Claude Goujon, bourrelier et d'Elizabeth Delanoë, maîtresse sage-femme jurée à La Barre), maître en chirurgie et accoucheur juré an bourg de La Barre depuis 1771 (I), épousa Marguerite Daviel, sœur de Denis, le second chirurgien précité.
Le petit-cousin de Jacques Daviel, Alfred Daviel, avocat, magistrat, est, en 1851, ministre de la Justice puis, en 1854, sénateur de l'Empire et premier président honoraire de la Cour d'appel de Rouen. Il a laissé des études, notamment sur la coutume en Normandie. André Daviel, petit-neveu d'Alfred, est plus connu sous son pseudonyme Jacques Hébertot, metteur en scène, poète, dramaturge et journaliste, directeur du Théâtre des Champs-Elysées, de la Comédie des Champs-Elysées, du Théâtre des Arts rebaptisé Théâtre Hébertot.
Avertissement:Ces informations viennent de plusieurs sources. Nos remerciements vont à Fabienne Gleye, responsable de la médiathèque de Bernay, ville qui a publié une plaquette fort complète en 1993, à l’occasion du tricentenaire de la naissance de Jacques Daviel. Il s’inspire aussi du discours de Michel Mohrt de l’académie française fait en janvier 2003 en réponse à Yves Pouliquen http://www.academie-francaise.fr/Immortels/discours_reponses/mohrt.html , ainsi que d’une communication sur un «manuscrit inédit de Jacques Daviel» faite le médecin général inspecteur Louis André à la société francophone d'histoire de l'ophtalmologie le 8 mai 2004 à Paris http://www.snof.org/histoire/daviel-jacques.html. D’autres informations ont été relevées sur le site http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-6136735.html avec l’accord de l’auteur que nous remerçions ainsi que sur le site du collège Jacques Daviel de La Barre en Ouche: http://colleges.ac-rouen.fr/daviel/jacques_daviel1.htm#1. Pour ce qui concerne la famille Daviel, les informations sont issues de la communication faite par V.E.Veuclin dans un mémoire présenté en 1891 à la Sorbonne, lors d’un congrès de sociétés savantes. Ce document est consultable en ligne sur le site de bibliothèque Gallica, http://www.europeana.eu/portal/full-doc.html